La petite Erlie a enfin rejoint sa famille adoptive à Grand-Mère. On la voit ici entourée de sa maman, Johanne Marcotte, et de son copain, Denis Caron. Photo L'Hebdo / Sandra Lacroix
«Enfin, son malheur est fini!» - Johanne Marcotte
La petite Erlie, une Haïtienne adoptée, est enfin arrivée dans sa nouvelle famille à Grand-Mère
Johanne Marcotte peut désormais respirer. Sa fille de trois ans, Erlie, adoptée en Haïti, est enfin arrivée dans sa nouvelle maison, à Grand-Mère.
«Enfin, son malheur est fini!», soupire la maman adoptante.
Depuis le 12 janvier, journée où Haïti a été à jamais bouleversé, le stress et l’angoisse ont gagné les familles dans l’attente un enfant en adoption, souvent depuis plusieurs mois.
Pour Johanne Marcotte, l’inquiétude, l’incertitude et les questionnements ont traversé ses pensées chaque jour. «J’ai passé deux semaines d’enfer. Je ne dormais pas, j’étais toujours sur l’ordinateur pour avoir des nouvelles, j’étais tellement inquiète. Je me disais: est-ce qu’elle manque d’eau ou de nourriture? Est-ce qu’elle va bien?», raconte celle qui a connu mercredi dernier le soulagement immense de serrer enfin sa fille dans ses bras.
En fait, le processus d’adoption de la petite Erlie était enclenché depuis 2006. Avec la récente catastrophe et la pression des parents adoptants, le gouvernement a décidé de rapatrier les enfants dans leurs familles respectives.
Johanne Marcotte aura donc dû patienter pas moins de 37 mois avant de serrer sa fille dans ses bras et la ramener à la maison.
En septembre dernier, elle s’était d’ailleurs rendue en Haïti pour signer des papiers et rencontrer sa fille. L’image de cette enfant, sur les nombreuses photos et dans les souvenirs de son récent séjour, l’a traversée sans cesse ces derniers jours.
«Quand tout est tombé là-bas en Haïti, je me suis sentie tomber aussi. C’est très dur à supporter, quand on a un enfant qui s’en vient bientôt mais qui est là-bas», explique-t-elle.
Après le séisme qui a frappé la région de sa petite Erlie, Mme Marcotte a dû s’armer de patience et attendre près de 48 heures avant d’avoir des nouvelles, heureusement positives. En fait, les enfants de la crèche (orphelinat) ont vécu des moments difficiles ces dernières semaines, passant d’une bâtisse à l’autre, de quelques jours sans aucun toit ou encore d’une nuit à l’ambassade canadienne.
«Les enfants sont tellement dans le besoin là-bas. Après le tremblement, je suis encore plus contente d’avoir posé ce geste, car j’ai contribué au moins à sauver une vie», termine Johanne Marcotte.
Cette enfant de trois ans, à qui la vie a offert une seconde chance, a finalement offert à son tour un premier sourire à sa nouvelle famille, plusieurs heures après son arrivée dans la région.